Manuscrit
Montesquieu
 

Son enfance

Charles-Louis de Secondat naît le 18 janvier 1689, à La Brède, de l’union de Jacques de Secondat (1654-1713), un cadet de famille, et de Marie-Françoise de Pesnel, qui lui transmettra le château de La Brède (1665-1696). Comme la plupart des enfants issus de famille noble, Montesquieu est confié jusqu’à l’âge de 3 ans à une nourrice.

Buste de Montesquieu

Ses études

Il fréquente l’école du village jusqu’à l’âge de onze ans. En 1700 il est élève du collège de Juilly (collège des Oratoriens), près de Paris. En 1705, il revient à Bordeaux où il étudie le droit. Licencié en 1708, il devient avocat au parlement de Bordeaux puis il séjourne à Paris pour compléter sa formation et fréquenter les milieux savants et lettrés.

 

Montesquieu Baron

En 1713, son père meurt ; Montesquieu devient baron de la Brède et hérite des nombreuses propriétés de la famille. En 1715, il épouse Jeanne de Lartigue, une protestante issue d'une riche famille avec qui il aura 3 enfants : Jean-Baptiste en 1716, Marie en 1717 et Denise en 1727.

En 1716, à la mort de son oncle Jean-Baptiste, Montesquieu hérite de toute sa fortune, de la baronnie de Montesquieu, et de la charge de président à mortier au parlement de Bordeaux. Toute sa vie, Montesquieu reste fidèle à ses racines de propriétaire terrien et se consacre à l’exploitation de ses domaines et plus particulièrement de ses propriétés viticoles.

Montesquieu se passionne pour les sciences ; il est élu à la toute récente académie des sciences, arts et belles-lettres de Bordeaux et rédige de nombreux traités scientifiques qui donnent la mesure de la diversité de son talent et de ses intérêts.

Montesquieu écrivain et voyageur

Montesquieu oriente sa curiosité vers l'humanité à travers la littérature et la philosophie. Dans les Lettres persanes, qu'il publie anonymement en 1721 à Amsterdam, il dépeint, sur un ton humoristique et satirique, la société française à travers le regard de visiteurs persans. L’immense succès de ce roman lui ouvre les portes des salons parisiens, notamment celui de l'influente marquise de Lambert, et peut-être du club de l'Entresol. Ces salons et les milieux libertins qu’il fréquente alors lui inspirent Le Temple de Gnide, roman (ou poème en prose) jugé licencieux à l’époque. A Paris, Montesquieu réside à l’hôtel de Flandre (rue Dauphine) et rue de la Verrerie et de 1734 à sa mort en 1755, sa résidence parisienne est rue Saint-Dominique.

 

Après son élection en 1728 à l’Académie française, Montesquieu part en Europe à la découverte des systèmes politiques et économiques, des mœurs, de la religion, de la culture, de la géographie des différents pays qu’il va traverser, mais aussi, et peut-être avant tout, pour devenir diplomate. Ses ambitions sont déçues, mais riche d’observations, il revient en 1731 à Bordeaux, où il habite successivement rue Sainte-Catherine, rue des Lauriers, rue Margaux, rue du Mirail et rue Porte-Dijeaux. Montesquieu alterne séjours à Paris et en province. En 1734, il publie les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence ; mais c’est surtout L’Esprit des lois qui assurera son renom dans le monde entier. Dans cet ouvrage publié à Genève en 1748, Montesquieu établit les principes fondamentaux et la logique des différentes institutions politiques par l'étude des lois. Cette œuvre rencontre un grand succès mais elle est aussi critiquée, notamment par les autorités religieuses, ce qui conduit Montesquieu à publier en 1750 la Défense de L’Esprit des lois. L’Europe entière n’en salue pas moins cette œuvre novatrice, qui permet de comprendre le fonctionnement des sociétés à la lumière de l’analyse politique.

L’Esprit des lois

Montesquieu passe les dernières années de sa vie à lire, ainsi qu’à corriger et augmenter L’Esprit des lois. Il meurt brutalement d’une infection pulmonaire le 10 février 1755 à Paris.

Savant, sociologue et philosophe, Montesquieu fait partie des grands penseurs du siècle des lumières.



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